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Plaisirdelaphoto.com

Instagram : des utilisateurs de moins en moins actifs...

30 Juin 2018, 21:09pm

Publié par Plaisirdelaphoto.com

Cygnes et cygne aux
Alors qu'en 2012 Instagram ne comptait que 50 millions d’utilisateurs, Facebook l'avait racheté pour 1 milliard de dollars. Ce qui à l’époque, et pour ne pas dire beaucoup plus, avait surpris beaucoup de monde.
 
Six ans après, Instagram revendique 1 milliard d’utilisateurs. Ce qui au passage ramène le coût d’acquisition de l’utilisateur à 1 dollar. Je sais c’est très  approximatif et pas très juste au sens strictement financier du terme, mais cela reste réellement, vu d’aujourd’hui, peu cher ! 
 
L’investissement est donc devenu une superbe réussite. D’autant plus que le modèle économique qui repose sur la gratuité totale pour les utilisateurs (plutôt sympa, non ?) est clairement financé par de la publicité, plutôt bien adaptée. Toutes les applications gratuites ne peuvent pas en dire autant.
 
De fait, si j’en crois ce que je peux lire dans la web-presse, les revenus annuels d’Instagram sont évalués à… 5 milliards de dollars par an. N’est-ce pas une vraie réussite ?
Statue et corbeau du jardin des Tuileries - Paris - Hybride Olympus E M10 Mark II - ISO 200; 270 mm (540 mm en 24x36); f7,1; 1/320 sec. Photo non retouchée, non recadrée, compressée.

Statue et corbeau du jardin des Tuileries - Paris - Hybride Olympus E M10 Mark II - ISO 200; 270 mm (540 mm en 24x36); f7,1; 1/320 sec. Photo non retouchée, non recadrée, compressée.

Pour arriver à de tels résultats, Instagram a dû effectuer de nombreuses transformations :
  • Passer d’un simple site de partage de photos à un site de partage de contenus, et notamment de vidéos. Ces dernières évoluant progressivement de quelques secondes à quelques minutes, en concurrençant progressivement des applications comme Snapchat ou You Tube par exemple.
  • Intégrer des « stories » en complément du partage des photos.
  • Accroître le volume de posts publicitaires dans les fils d’actualité et désormais dans les stories.
  • Et surtout changer ce fameux algorithme, ce qui continue plusieurs mois après à faire « hurler » de nombreux utilisateurs. Dont je fais naturellement partie. Je vais y revenir (une fois de plus !).
En fait l’évolution de l’application (il faut bien vivre avec son temps) et un tel succès ne me gêneraient absolument pas (félicitations à tous ceux qui y ont contribué, utilisateurs comme collaborateurs de l'entreprise) si son impact n’avait pas transformé en profondeur certains aspects, sur lesquels peu de personnes communiquent. Et surtout pas Instagram !
Cadenas d'amour Pont Alexandre 3 - Paris - Hybride Lumix GX 8 - ISO 200; 26 mm (52 mm en 24x36); f7,1; 1/320 sec. Photo non retouchée, non recadrée, compressée.

Cadenas d'amour Pont Alexandre 3 - Paris - Hybride Lumix GX 8 - ISO 200; 26 mm (52 mm en 24x36); f7,1; 1/320 sec. Photo non retouchée, non recadrée, compressée.

Tout d’abord une publicité qui vient de plus en plus envahissante, et sous différentes formes :
  • Celle intégrée dans la ligne de temps des posts tout d’abord. Si la qualité de ces publicités est en générale très bonne, leur nombre ne cesse d’augmenter. D’une de temps en temps, nous passons progressivement mais assez rapidement à une tous les deux ou trois posts, ce qui devient très vite intrusif, surtout si l’on suit plusieurs dizaines voire centaines (ou milliers) de personnes. Sans parler naturellement de la pub parfois «pré likée » à votre place. Ce qui fait pour l’annonceur un nombre de likes incroyables (si on ne pense pas bien-sûr à la « dé liker » au fil de l’eau). Et sans aucun rapport avec l’intérêt potentiellement manifesté par les utilisateurs.
  • Celle intégrée désormais dans les stories ensuite. Dans cette catégorie, si vous avez eu l’envie de cliquer sur une telle pub sans acheter ensuite, attendez-vous à la revoir très très souvent ! Le spam publiciaire est désormais dans les stories ! 
  • Celle des utilisateurs eux-mêmes. Depuis très longtemps, les « influenceurs/influenceuses » font la publicité des marques au travers de leurs posts, souvent contre des avantages sous différentes formes (cadeaux, voyages…). Si leur nombre de followers (réels ou fictifs) est trés élevé, vous avez en revanche peu de chances qu’ils vous suivent en retour.
  • Celle des utilisateurs enfin. Oui, je sais, je viens juste de parler des utilisateurs. Mais une nouvelle forme de publicité se développe. Celles de personnes qui veulent faire la promotion de leurs services ou de leurs boutiques. En soi, cela n’a rien de choquant, et peu largement se comprendre. Le problème est que, en général, la relation ne sera là encore qu’à sens unique. Vous les suivrez, sans espoir de réciprocité. L’important étant pour l’utilisateur de se faire connaître, pas de suivre d’autres personnes. Et comme nous ne sommes pas forcément toujours vigilant au descritif du compte (parfois en français mais souvent en anglais, japonais…), il est souvent difficile de se rendre compte que nous sommes sur un blog de « promotion » et non sur un blog classique.
Cygneaux - Hybride Olympus E M10 Mark II - ISO 200; 300 mm (600 mm en 24x36); f9,0; 1/500 sec. Photo non retouchée, non recadrée, compressée.

Cygneaux - Hybride Olympus E M10 Mark II - ISO 200; 300 mm (600 mm en 24x36); f9,0; 1/500 sec. Photo non retouchée, non recadrée, compressée.

Le deuxième impact majeur de l’évolution « à marche forcée » d’Instagram est la mise en place il y a quelques mois du « nouvel algorithme » . Si vous ne savez pas (encore) tout le mal que j’en pense, je vous invite à découvrir mes articles « Instagram : la baisse des likes, une conséquence du nouvel algorithme » ou « Instagram : quand la loi des grands nombres remplace le réseau social ».
 
En synthèse des synthèses, ce « nouvel algorithme » a eu quelques impacts assez majeurs. Et selon moi, pas que positifs :
  • Une « intelligence artificielle » qui « pense à notre place ». Celle qui choisit qui parmis nos amis nous auront le droit de voir et de liker. Celle aussi qui nous fait apparaitre pour des « fantômes » à des amis que l’on suit réellement.
  • Une baisse d’activité mécanique sur tous les comptes réellement actifs. A nombre de followers constant voire supérieur bien entendu. 
  • Une baisse d’activité induite. Lassé par la baisse d’activité ou de ne plus avoir de retours des personnes suivies, beaucoup d’utilisateurs (dont je fais partie) ont diminués leur activité sur Instagram. Ce qui diminue d’autant leur visibilité et continue entretien la spirale de baisse d’activité.
  • Le développement d’utilisateurs réellement fantômes, issus généralement d’applications tierces, tant pour les follows que pour les likes. Quand ce ne sont cetains utilisateurs eux-mêmes qui pratiquent massivement la technique du « follow/unfollow » pour accroître une audience fictive. Audience indispensable aux yeux de certains pour se rendre crédible auprès des marques. Pour les reconnaitre, utiliser mon ratio « nombre de likes moyen par follower ». Vous verrez c’est hyper rapide et très instructif. Tous les détails sont dans mon article «Instagram : quand la loi des grands nombres remplace le réseau social».
Statue du jardin des Tuileries - Paris - Compact expert Lumix LX 100 - ISO 200; 23 mm (50 mm en 24x36); f2,7; 1/10 000 sec. Photo non retouchée, non recadrée, compressée.

Statue du jardin des Tuileries - Paris - Compact expert Lumix LX 100 - ISO 200; 23 mm (50 mm en 24x36); f2,7; 1/10 000 sec. Photo non retouchée, non recadrée, compressée.

Tout cela pour vous dire que si Instagram daigne communiquer sur son nombre d’utilisateurs (1 milliard) et ses bénéfices (5 milliards) pour montrer que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, il est probable qu’il ne donnera jamais de détails sur 2 sujets complémentaires et essentiels qu’il doit pourtant suivre de manière méticuleuse et quotidienne :
  • l’activité par utilisateur,
  • le nombre d’utilisateurs actifs. C’est à dire ceux qui interviennent régulièrement (au moins 1 fois par semaine chaque semaine selon ma définition).
Si l’activité par utilisateur est sûrement très différente selon la catégorie dans laquelle on se situe (partage de photos ou de vidéos en cercle familial ou fermé, partage de photos entre communautés, promotion de services ou produits…), il est évident que pour de nombreux utilisateurs, et notamment les plus historiques, elle est en forte baisse.
 
Le nombre d’utilisateurs actifs peut donc être estimé très loin du milliard d’utilisateurs enregistré.
 
Même si je suis naturellement incapable de le démontrer faute de données fiables communiquées, j'estime la différence entre le nombre d’utilsateurs totaux et le nombre d’utilisateurs actifs à plusieurs dizaines voire centaines de millions.
 
Pour arriver à cette hypothèse (et vous retrouverez de nombreux détails dans mes différents articles), je prends en compte les 2 principaux points suivants :
  • le nombre global d’utilisateurs ne peut que mécaniquement progreser, puisque si de nouveaux arrivent, très peu se désinscrivent. La plupart des comptes sans activité depuis plusieurs mois sont toujours présents. On met son compte « en sommeil », on le désactive rarement et il est donc toujours dans les statistiques.
  • Le nombre de comptes « fantômes » explose sous l’impulsion de la course à la promotion de produits pour certains et de la course au nombre de followers pour d’autres. Mais à quoi cela peut-il servir réellement d’avoir plus de 15 000 followers et moins de 100 likes par photo ?
Funambule et cage à Montmartre - Paris - Hybride Lumix GX 8 - ISO 200; 120 mm (240 mm en 24x36); f4,2; 1/500 sec. Photo non retouchée, non recadrée, compressée.

Funambule et cage à Montmartre - Paris - Hybride Lumix GX 8 - ISO 200; 120 mm (240 mm en 24x36); f4,2; 1/500 sec. Photo non retouchée, non recadrée, compressée.

En synthèse, si Instagram reste encore une application de partage ludique, intéressante mais chronophage, certaines de ses évolutions semblent réellement avoir un véritable intérêt.
 
En revanche, les conséquences du nouvel algorithme engendrent la montée en charge massive des « fantômes » et lui font perdre une (très) grande partie de son intérêt. Tout en minant de plus en plus la motivation de ses utilisateurs.
 
Et de ce fait, pas sûr que la courbe des "utilisateurs actifs" suive la même tendance que celle des "utilisateurs globaux ». J’aurai même plutôt tendance à croire que la courbe des utilisateurs actifs tend à stagner, si elle ne régresse pas.
 
Alors, tant qu’il me reste un peu de motivation, je vais continuer à partager quelques photos sur Instagram. Juste pour le plaisir de les partager. Et vous ?
Roses du bois de Boulogne - Paris - Hybride Olympus E M10 Mark II - ISO 200; 200 mm (400 mm en 24x36); f8,0; 1/500 sec. Photo non retouchée, non recadrée, compressée.

Roses du bois de Boulogne - Paris - Hybride Olympus E M10 Mark II - ISO 200; 200 mm (400 mm en 24x36); f8,0; 1/500 sec. Photo non retouchée, non recadrée, compressée.

A bientôt,
Et faites-vous plaisir avec de belles photos.

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Commenter cet article

laurvero 01/07/2018 16:26

Article intéressant. J'ai appris beaucoup de choses et je dois faire partie des "fantômes".